Pour ma première contribution je souhaite vous expliquer ce que représente le mythique stade vélodrome véritable poumon situé en plein cœur de la ville de Marseille.

Marseille ville multiculturelle par excellence, coincée entre collines et méditerranéen, a été élue capitale du sport pour cette année 2017.
Le vélodrome nommée depuis peu orange vélodrome se situe sur le boulevard Michelet à mi-chemin entre le centre ville et la mer. Il s’agit d’un stade municipal accueillant principalement les matchs de mon club de cœur l’olympique de Marseille.

Afin de bien comprendre le lien existant entre les marseillais et ce stade je vais vous parler un peu de ma propre histoire. Car pour un historique complet et détaillé je vous invite à aller voir sur Wikipedia.

En 1962 ma famille fait la traversée de Alger à Marseille pour venir s’y installer. Mon grand père fan de football était licencié dans les années 40 dans le club Aïn Beïda et il a transmis tout naturellement transmis sa passion du football à mon père. Tous les deux abonnées de l’OM se rendez régulièrement dans le stade que l’on appelait vélodrome car il disposait d’un piste de vélo en bois. Ils ont pu assister aux exploits des Skoblar et Magnuson mais aussi à la descente en deuxième division.
Bien évidement je n’ai pas échappé à ce virus et mes premiers souvenirs de foot sont la coupe du monde 1982 mais surtout l’euro 84 en France avec une demie finale historique contre le Portugal qui bien évidement se déroula dans ce magnifique écrin.
Ils n’y a pas que les supporters de l’OM qui sont attachés à ce stade, il y a tous les marseillais car durant la scolarité en primaire tous les écoliers participent à un moment donné à la fête des écoles organisée en son sein. Ce qui ancre dès le plus jeune âge cet attachement si particulier.

Pour ma part, ma première visite au vélodrome, disposant toujours de sa piste de vélo, date de 1983, il s’agissait d’un match de championnat de France de deuxième division opposant les minots de l’OM à je ne sais plus qui. Match soporifique au possible qui avait eu raison de moi du haut de mes 10 ans. A cette époque le stade ne ressemblait pas du tout à ce qu’il est actuellement. La tribune Ganay, faisant face aux bancs de touche, disposait du toit soutenu par de magnifiques piliers implantés en plein milieu et malheur à ceux qui étaient placés derrière car ils ne pouvaient pas voir grand chose du match.

Et oui vous ne rêvez pas il s’agit bien du même stade.

En 1986 l’arrivée de monsieur Tapie a permis aux marseillais de vibrer à nouveau dans cette enceinte en assistants aux multiples exploits en championnat et en coupes d’Europe de notre club de cœur. Le titre Jump de Van Hallen fait son apparition à l’entrée des joueurs, ce qui fut pour l’époque une véritable nouveauté dans le championnat de France. La piste de vélo laisse place dans les virages à ce qui s’appelait les populaires. Les places y étaient peu chères et nous étions assis sur de vulgaires bancs en bois. Il y régnait une réelle ferveur et de nombreux clubs de supporters s’y sont créés. Je me rappelle encore des anciens qui se demandaient à chaque tir d’un dénommé Jean-Pierre Papin ( jeune français venu de Belgique) combien de gabians il allait tuer. Et tout le monde connaît tous la suite, ce jeune qui vendangeait au début de sa carrière un maximum d’occasions a été élu ballon d’or en 1991.

Mes souvenirs les plus marquants de la grande époque de l’OM sont les confrontations contre les girondins de Bordeaux et le grand Milan AC avec un but mythique de Chris Waddle contre ces derniers dont il n’a aucun souvenir suite à un violent coup de coude à la tête de Paolo Maldini subi un peu plus tôt. Pour les plus jeunes je vous invite à regarder cette vidéo afin de voir un résumé de ce match historique non pas que pour la victoire mais aussi par la panne d’électricité. Regardez bien le visage des joueurs marseillais avant le coup d’envoi, vous y verrez une féroce envie de gagner mais aussi beaucoup de sérénité. Vous constaterez egalement toute la ferveur se dégageant des tribunes. ( Le coup de coude est vers les 7 minutes 20 du résumé ).

J’ai eu la chance de voir évoluer des joueurs comme Papin, Waddle, Cantona, Foster, Francescoli, Stojkovic, Deschamps, Pelé, Dessailly, Voller, Ravanelli, Blanc, Dugarry, Mozert et Bolli. Je vais m’arrêter là car cette liste pourrait ressembler à une longue litanie.

Il y a une anecdote entre les deux derniers joueurs cités qui vaut peut-être le coup d’être racontée. A la fin d’un match de championnat il y a eu dans les vestiaires une sévère altercation entre ces les deux qui s’est réglée avec les mains et il paraît que le jeune Bolli a passé un mauvais moment entre les mains de Carlos Mozert . Tout ceci car le petit jeune n’écoutait pas les consignes pour s’aligner. Mais ces deux là ont formé pour moi la plus belle charnière centrale ayant évolué au vélodrome.
A chaque match, nous attendions tous une seule chose voir les exploits de notre équipe dans Notre stade.
Le public était en ébullition mais pas seulement la ville entière était fière de son équipe qui dominait l’Europe.
A chaque phase finale de coupe d’Europe la ville ne vivait plus qu’au rythme de son équipe, les devantures de magasins et les balcons étaient presque tous aux couleurs de notre club.

Le soir de la victoire de 1993, les marseillais sont descendu tel un seul hommes dans les rues de la ville. Je m’en rappelle encore comme si c’était hier. Les résidants de la canebière avaient mis des enceintes sur leur balcon et mettaient à tue-tête we are the champion du groupe Queen. A leur retour de Munich les joueurs sont venus présenter la coupe aux grandes oreilles dans le stade. Ce jour là je n’avais pas été à la fac, Marseille était ville morte et tout le monde faisait la queue devant le vélodrome afin de pouvoir assister à cette présentation. Bien évidement tout le monde n’a pas pu rentrer mais moi oui. L’ambiance était indescriptible, j’avais l’impression d’être comme transporté par tant de bonheur. Il n’y avait aucune tension, tout le monde était la juste pour profiter de ce moment historique. Je n’ai jamais plus ressenti une telle communion entre joueurs et supporters. La légende dit que les larmes joie on failli faire déborder l’huveaune.
Suite à l’affaire VA – OM s’en sont suivi quelques années « noires » mais le cœur des supporters n’a jamais cessé de battre dans les tribunes.

Puis vient la coupe du monde 1998 pour laquelle le stade a subit une énorme transformation, loin de faire l’unanimité. L’architecte de l’époque a souhaitait faire un stade ouvert comme une fleur. Et l’ambiance tant redoutée par les adversaires lors de leur entrée sur ta pelouse ressemblait plus à un vulgaire cris d’une jeune groupie assistant à un concert de son idole.
La France y fait le match d’ouverture dans la compétition avec une victoire laborieuse face à une faible équipe de l’Afrique du Sud.
Mon plus mauvais souvenir dans cet « enrhumoir » fut un match de champions league en 2009 contre le Milan AC ( et oui encore ) où il pleuvait à torrent. J’avais tellement était mouillé que mon caleçon noir avant déteint sur mon teeshirt blanc que j’ai été obligé de jeter.

Il me semble que le plus bel exploit malgré le titre de champion de France sous l’ère Deschamps, que feu monsieur Dreyfus propriétaire du club aurait tant aimé voir (mais sa maladie ne lui a pas laissé ce plaisir), est la remontada ( mot à la mode) opérée contre le MHSC de feu monsieur Nicollin. L’OM perdait 4-0 à la mi-temps et inscrivait 5 buts lors de la deuxième période (doublé de Dugarry et cinquième but sur penalty de Blanc). Mais le plus étonnant fut la déclaration à la mi-temps de monsieur Rolland Courbis entraîneur de l’époque qui annonça à son homologue montpelliérain le score de 5-4 à la fin du match ( j’aurais bien aimé connaître la côte ).

Puis l’euro 2016 est attribué à la France et une transformation complète du vélodrome fut opérée avec la réapparition du toit tant attendu et souhaité par tous les supporters. Et là qu’elle surprise, pour ma première visite dans cette nouvelle enceinte lors du match Pologne Ukraine, de constater enfin que la mythique antre avait retrouvé sa véritable âme.

« Quand le virage se met à chanter, c’est tout le stade qui va s’enflammer », et bien OUI. Quand le public se met à chanter, le stade se mets de nouveau à respirer à plein poumon. Le bruit y est même assourdissant, les adversaires vont de nouveau trembler en rentrant sur la pelouse et les arbitres sont même obligés de hurler dans leur oreillette s’ils veulent communiquer correctement.

Bien évidemment rentabilité oblige d’autres événements s’y déroule comme le rugby où lors du match Toulon – La Rochelle j’ai pu déguster d’excellentes crêpes offertes par les supporters rochelais et des concerts comme celui d’AC-DC où j’ai cru perdre un tympan a l’entrée de ce groupe mythique.

Mais je sais que l’orange vélodrome et toute la ville n’attendent qu’une seule chose, de pouvoir vibrer de nouveau lors des matchs de l’olympique de Marseille qui a fait sa réputation.
Pour vous qui n’êtes pas de la région, si vous avez l’occasion d’assister à un événement quel qu’il soit dans ce magnifique écrin n’hésitez pas, vous ne serez vraiment pas déçu. D’ailleurs il y en a un qui va permettre à ce stade de revenir à ses sources en accueillant le départ et l’arrivée du contre la montre du tour France le 22 juillet.

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